bottom logo

Patrick Harbron


Edito
Par Edouard Lin - Mis en ligne le 04.09.2013 06:00

Visionnage compulsif


Durant l’été, à l’heure des rediffusions estivales, des chaînes ont programmé sans vergogne des marathons télévisuels. TMC nous a proposé les saisons 1 et 2 de Downton Abbey deux vendredis de suite de 20 h 45 à 2 h 45 face au marathon NCIS de M6: dix épisodes d’affilée pour fêter les 10 ans de la série. France 4 nous a offert une nuit Hero Corp de 23 h 15 à 4 h 40 alors que, le 21 septembre, c’est avec un marathon Homeland que la nouvelle chaîne Canal+ Séries prendra l’antenne.

Jamais en retard d’une formule, les Anglo-Saxons ont baptisé le phénomène binge viewing, pour «visionnage compulsif», si ce n’est boulimique. Une pratique exponentielle dans un paysage audiovisuel en mutation. Séries aux narrations de plus en plus addictives, expansion du téléchargement et du streaming, légaux ou non, tout encourage l’impatient téléspectateur à ne pas respecter la tradition du rendez-vous télévisuel hebdomadaire.
Dans nos contrées, on est encore loin de la révolution Netflix, séisme de l’année aux Etats-Unis. En mettant à disposition de ses 33 millions d’abonnés, dès sa sortie, les treize épisodes de sa remarquable série House of Cards (dont la diffusion a débuté jeudi dernier sur Canal +), la plateforme de vidéo à la demande voit dans le binge viewing l’avenir de la télévision.

Il en va de l’addiction aux séries comme de la nourriture. Il y a ceux qui dégustent en petites quantités, mais régulières, et les gros mangeurs qui restent attablés des heures durant, capables d’engloutir des saisons entières, de jour comme de nuit, en se promettant de regarder juste un épisode de plus…