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Edito
Par Edouard Lin - Mis en ligne le 13.11.2013 07:00

Un passé si présent


De nombreuses émissions de télévision sont consacrées à la commémoration de l’assassinat du président américain John Fitzgerald Kennedy, survenu le 22 novembre 1963 à Dallas. Cet événement historique n’évoquera sans doute pas grand-chose aux plus jeunes, mais pour les gens de ma génération, le souvenir de l’émotion ressentie à l’annonce de la mort de JFK est intact. L’enterrement du président Kennedy fut l’un des premiers moments télévisuels universels, six ans avant le premier pas de l’homme sur la Lune, des décennies avant que Jeux olympiques et Coupe du monde de football ne deviennent des grands-messes cathodiques planétaires.

Je m’en souviens comme si c’était hier. Moi, enfant, debout dans le salon familial face au poste de télévision et aux images en noir et blanc. Je me souviens de ma mère, coiffée comme Jackie Kennedy, qui pleurait en silence. Je me souviens de John-John, le jeune fils du président assassiné, saluant le cercueil de son père à la façon d’un militaire. En ce temps-là, à mes yeux, l’Amérique était le pays mythique qui nourrissait mes rêves les plus fous. Il n’y avait qu’une chaîne de télévision et mes héros étaient jeunes, beaux et Américains, comme les Kennedy.

Je me souviens avoir haï Lee Harvey Oswald, l’assassin présumé, autant que Lyndon Johnson, le vice-président à qui ce crime profitait. Cinquante ans après, on ne sait toujours pas la vérité. La vraie vie ne ressemble pas à un épisode des Experts. Des années plus tard, j’ai réalisé mon rêve américain. Lors d’une de mes premières visites, j’ai parcouru respectueusement le cimetière militaire d’Arlington. Je me suis recueilli dans la sereine pénombre de la cathédrale Saint-Patrick de New York. Comme un hommage à JFK et à mon premier souvenir de télévision.