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Edito
Par Edouard Lin - Mis en ligne le 15.05.2013 05:00

Refrains chagrins


L'histoire d’amour entre la télévision et le concours Eurovision de la chanson – rebaptisé, allez savoir pourquoi, Eurosong – née en 1956 n’est plus qu’une relation dictée par la routine. Au fil des ans, sous les coups implacables de l’habitude, l’étincelle a perdu de son éclat, les notes ne résonnent plus aux oreilles des téléspectateurs comme à l’époque désormais révolue de la victoire de Gigliola Cinquetti, en 1964, avec Non ho l’età, de France Gall et de sa Poupée de son en 1965, de Séverine en 1971 avec Un banc, un arbre et une rue, d’Abba aussi, en 1974, avec Waterloo, et bien sûr de Céline Dion, en 1998, avec Ne partez pas sans moi. Ce sont des chansons qui ont rythmé mon existence et celle de centaines de milliers d’autres téléspectateurs.

Alors qu’aujourd’hui, ou plutôt depuis une dizaine d’années, les refrains de l’Eurovision ont toujours plus de mal à réjouir autant nos oreilles que nos yeux, entachés qu’ils sont par de sombres magouilles, des votes de complaisance, de petits arrangements entre pays de la même zone géographique.

Que nous apporte ce bastringue annuel? Une indigestion répétitive de pseudotubes balancés pour la plupart en anglais, parfois mixés à la mode des pays concurrents?

Cela dit, émaillant parfois une cérémonie qui a perdu la recette du succès populaire, on a pu constater avec plaisir des efforts d’originalité et d’invention. Subsiste malgré tout la question essentielle: l’Eurosong a-t-il encore sa raison d’être?

Ça, c’est une autre chanson...