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Edito
Par Edouard Lin - Mis en ligne le 20.11.2013 07:00

Court-circuit


Ouf! Enfin! Bientôt plus de siestes dominicales provoquées par le lénifiant spectacle proposé par les Grands Prix de la saison la plus barbante depuis la création des courses de formule 1. Sebastian Vettel, sacré pour la quatrième fois au rang de champion du monde, a depuis longtemps éteint tout suspense et pesé sur mes paupières.

Malgré sa réussite, celui que l’on surnomme le champion de l’ennui ne soulève aucun enthousiasme, sauf dans son pays d’origine, aucune émotion, il est même sifflé sur la plupart des circuits. C’est d’abord la domination du pilote allemand qui dérange. Vettel et son écurie Red Bull tuent toute concurrence, imposent un scénario loin des duels d’antan fondateurs de la popularité de la F1.

Le grand public aimait détester ou adorer Senna, Prost ou Schumacher. Vettel, garçon à la personnalité trop lisse, indiffère. Forcément, les audiences télévisuelles s’en ressen-tent. TF1 se frotte les mains d’avoir laissé filer les bolides sur Canal+.

Mais Vettel est aussi symbolique de l’évolution des monoplaces: la F1 ne produit plus de héros. Niki Lauda n’était pas plus populaire que Vettel, mais il s’est pris un mur à 280 km/h, est revenu défiguré et s’est remis à gagner des courses. C’était fascinant.

Vivement la saison 2014, avec des voitures entièrement nouvelles, aux moteurs bien moins puissants et dopés à l’électricité et un nouveau règlement censé relancer l’intérêt, donc les audiences, et faire tomber le roi. A moins que Red Bull ne coupe une nouvelle fois les ailes des autres écuries et conduise la F1 dans le mur. Il est grand temps que ce sport se réveille et nous propose autre chose que cette désagréable sensation de tourner en rond.