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Edito
Par Edouard Lin - Mis en ligne le 14.10.2015 05:00

Télé, ton univers impitoyable


Dix-sept ans après son départ, la Suisse romande continue de suivre avec intérêt la carrière de Maïtena Biraben à Paris. Nous l’avons vue grimper un à un les échelons, d’abord chroniqueuse, puis présentatrice, d’abord sur les petites chaînes, puis sur France Télévisions et, depuis 2004, sur Canal+. Un long et patient travail de fond, bien loin de l’image de «saltimbanque» que les gens de la télé aiment à donner d’eux-mêmes. Cette superbe trajectoire, marquée par un Sept d’or de la meilleure émission éducative en 2003, a trouvé cet été ce qui devait être son couronnement: la présentation du Grand journal de Canal+, l’un des dix postes les plus prestigieux et exposés du paysage audiovisuel français.

Tout ce que Maïtena Biraben a patiemment construit pendant dix-sept ans pourrait s’écrouler en quelques semaines. Et le job en or se transformer en siège éjectable. Les audiences ne sont pas bonnes. Le timing n’est pas bon non plus. On reproche à Canal+ et à son propriétaire, l’industriel Vincent Bolloré, d’avoir flingué Les Guignols, de censurer des documentaires gênants pour ses amis politiques et, en gros, de vouloir tuer ce qu’il reste de «l’esprit Canal».

C’est dans ce contexte que Maïtena Biraben a fait une erreur. Une toute petite erreur. En parlant du Front national comme du «premier parti de France» qui tient «un discours de vérité», Maïtena la sympa, la rigolote, la décontractée est devenue Maïtena la cible des chroniqueurs politiques ou humoristiques. Elle tente de se défendre mais la machine infernale est lancée. Les rumeurs de son remplacement courent dans tout Paris. On parle pour lui succéder de Jean-Marc Morandini. Un autre enfant prodige de la télé qui s’est brûlé les ailes avant de remonter peu à peu la pente. Mais le plus sûr serait encore de ne pas chuter.