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Edito
Par Edouard Lin - Mis en ligne le 26.04.2017 06:00

Spectacle électoral


Le 7 mai prochain, les Français sauront qui, de Marine Le Pen ou d’Emmanuel Macron, va officiellement diriger leur pays. Ce sera la fin d’une série qui aura tenu les téléspectateurs en haleine pendant des semaines. Les chaînes françaises se sont livrées à une féroce concurrence à la conquête non pas de l’Elysée mais des audiences, qui sont elles aussi une forme de pouvoir. Les règles du jeu ont été respectées et même les petits candidats présents au premier tour ont été largement entendus. Mais ce sont bien sûr les politiciens vedettes qui ont été sollicités sur tous les plateaux, dans toutes les radios. Dans les seconds rôles, il y a eu les éditorialistes, les analystes et les sondeurs. Pour l’essentiel, ils auront répété émission après émission qu’ils ne pouvaient rien prédire – traumatisés par le Brexit et l’élection de Donald Trump auxquels ils ne croyaient pas – mais qu’ils n’en pensaient pas moins. Ça a donné une ambiance boule de cristal assez amusante, symbolisée dimanche soir, juste avant le résultat du premier tour, par la question de Gilles Bouleau, de TF1, à un des correspondants de la chaîne à qui il a demandé s’il avait pu «lire quelque chose sur les visages» des membres de l’état-major politique d’un candidat. Lire sur les visages… Une nouvelle forme de journalisme? Une source d’information inconnue? Je me demande si, en matière de politique, le spectaculaire ne l’a pas définitivement emporté sur l’informatif.