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RTS, FTV, DR


Edito
Par Edouard Lin - Mis en ligne le 10.08.2016 06:00

Sans fleur ni couronne


La (double) nouvelle a passé un peu inaperçue au début de l’été. Simultanément, Jean-François Develey sur la RTS et Gérard Holtz sur France Télévisions ont pris leur retraite. Nous aimerions vous dire que c’est à cause de l’actualité sportive très chargée de début juillet que personne n’en a parlé ou presque; la réalité est que les téléspectateurs, pour la plupart, s’en moquent.

Il n’est pas sûr que ces deux passionnés de sport possèdent beaucoup d’autres points communs, ils ne partagent sans doute pas la même conception de ce qui fut leur métier, mais ils sont victimes du même phénomène.

Jean-François Develey et Gérard Holtz ont commencé leur carrière à l’époque des «monstres sacrés», le duo Tillmann et Acquadro pour l’un, le trio Chapatte-Couderc-Thierry Roland pour l’autre. Ils l’ont achevée à l’heure du bouquet numérique, des buts en direct sur tablette ou smartphone et du streaming russe sur internet. L’image est partout mais la télévision n’est plus nulle part.

Le lien qui existait entre une chaîne de télé et ses journalistes, et donc entre ceux qui font la télé et ceux qui la regardent, n’existe plus. Massimo Lorenzi a raison de dire que la référence perpétuelle à maître Jean-Jacques est inégale et vaine.

Un mot encore sur Jean-François Develey. Longtemps, on a cru que son côté donneur de leçons tenait à son look d’agrégé de philo et à son ton certes professoral. C’est faux; Jean-François Develey se souvenait simplement qu’il avait débuté à une époque où les journalistes avaient un avis et l’exprimaient librement. Aujourd’hui, ils se contentent trop souvent d’être des animateurs et abandonnent toute analyse au consultant. Rien que pour ça, merci Monsieur le Professeur.