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Edito
Par Pascal Busset - Mis en ligne le 25.02.2015 07:00

Risque 2 - paresse 0


"Originalité". Ce mot-là, plus personne ne l’utilise dans le monde du cinéma. Comme tous les mots désuets, c’est désormais l’affaire de l’Académie. Celle des césars et celle des oscars viennent de redorer son blason, de le dépoussiérer. Personne ne va s’en plaindre! Dans le match entre sujets originaux et histoires inspirées de faits réels, la balance a nettement penché, vendredi à Paris et dimanche à Los Angeles, du côté de la prise de risque, de l’imagination. A l’image d’American Sniper, la facilité, la paresse scénaristique – adapter un livre ou mettre en scène la vie d’un personnage célèbre – ont été dégommées (le film d’Eastwood repartant avec l’oscar du montage son comme pour mieux souligner qu’il fait beaucoup de bruit pour pas grand-chose). Certes, Pierre Niney en Yves Saint Laurent et Eddie Redmayne en Stephen Hawking (lire palmarès en page 7) ont profité de la notoriété de leur modèle, mais les vrais gagnants sont des films qui ont des choses à dire et à montrer, nés de visions personnelles et non de formules toutes faites. Ilyalesbattusetceuxquicombattent. Timbuktu s’élève contre l’obscurantisme, la France – qui jamais n’éteindra les Lumières! – lui offre sept césars; Iñárritu avec le brillant Birdman (lire en pages 14-15) se moque (notamment) de la mode des superhéros, il glane quatre oscars; Patricia Arquette, statuette en main, revendique l’égalité de salaire entre les hommes et les femmes, Meryl Streep, entre autres, se lève et applaudit. Et, hop, un autre mot qui n’est plus désuet: «courage»!