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Edito
Par Edouard Lin - Mis en ligne le 03.05.2017 05:00

Rengaine ringarde


L'histoire d’amour entre le Concours Eurovision de la chanson (Eurosong) et la télévision est née en 1956. Désormais, les premiers émois ont laissé la place à une morne routine. Même si, chaque printemps, cet événement draine encore des millions de téléspectateurs, au fil des décennies, sous les coups implacables de l’habitude, l’étincelle a perdu de son éclat, les notes ne résonnent plus à nos oreilles comme à l’époque de la victoire de Gigliola Cinquetti, en 1964, avec Non ho l’età, de France Gall et sa Poupée de son l’année d’après, de Séverine en 1971 avec Un banc, un arbre, une rue, d’ABBA aussi, en 1974, avec Waterloo, devenu un tube planétaire, et bien sûr de Céline Dion qui représentait notre pays en 1998, avec Ne partez pas sans moi. Ce sont des chansons qui ont rythmé mon existence. Alors que, aujourd’hui, ou plutôt depuis une quinzaine d’années, les refrains de l’Eurovision ont bien du mal à réjouir autant nos oreilles que nos yeux.

Les sombres magouilles, les votes de complaisance, les petits arrangements entre pays de la même zone géographique, les viles manœuvres ont fini par entacher ce qui était il y a encore un peu moins de deux décennies LE rendez-vous musical de l’année.

Que nous apporte encore ce bastringue annuel? Pas grand-chose, si ce n’est une indigestion de pseudo-tubes. Même si quelques artistes font preuve d’originalité et d’inventivité, ce concours a égaré la recette du succès populaire et n’a, à mon sens, plus sa raison d’être. Même si Timebelle, qui représente notre pays, devait se qualifier pour la finale du samedi, mon choix est fait. Croyez-moi sur parole: ce soir-là, je regarderai The Voice; même si les candidats du cru 2017 n’atteignent pas des sommets, ils seront à des hauteurs bien supérieures… Il serait de bon ton que les finalistes de l’Eurosong me donnent tort.