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Edito
Par Edouard Lin - Mis en ligne le 23.11.2016 07:00

Pour le meilleur?


Il est de bon ton de mépriser la téléréalité. Pour les bien-pensants, elle est du côté du mal. Il arrive pourtant que ces émissions nous en apprennent beaucoup sur la société et sur nous. Le concept de Mariés au premier regard (M6, les lundis à 21 h) est danois: une sexologue, un psychologue et un sociologue analysent des profils de candidats et déterminent des compatibilités de couples. Ceux qui acceptent l’expérience se retrouvent ensuite devant le maire, sans jamais s’être rencontrés, pour un mariage tout à fait officiel. C’est iconoclaste, ça remet en question les normes actuelles en matière d’amour et de conjugalité. Comment deux personnes qui ne se sont jamais rencontrées pourraient-elles se dire oui pour la vie? Comment des tests scientifiques pourraientils remplacer la séduction? Eh bien, c’est justement ça qui est passionnant. Mariés sous le régime de la séparation des biens, les candidats peuvent divorcer quand ils veulent. A une époque où, en Suisse, près d’un mariage sur deux se termine par un divorce, cela ne peut pas être choquant. Et dans combien de couples, au bout de quelques années, les conjoints ont-ils l’impression de vivre avec un ou une inconnu(e) ne ressemblant que de très loin à la personne qu’ils ont épousée?

Ce sont ces interrogations que met en scène Mariés au premier regard. Cela nous touche tous, réveille de réelles émotions. Et moi, je préfère quand la télévision nous questionne plutôt que quand elle prétend nous apporter des réponses toutes faites.