bottom logo

DR


Edito
Par Pascal Busset - Mis en ligne le 21.09.2016 05:00

A plus d’un titre


Il fut un temps où des journaux comme Libération et L’Equipe avaient un titreur. Lequel, sur cinq colonnes à la une, titre d’un célèbre magazine télévisé d’information né à la fin des années 1950, imprimait sa marque, faisait assaut d’imagination, ne se refusait pas la drôlerie. Et, surtout, donnait envie de lire l’article qu’il mettait en valeur, comme une vitrine scintillante invite à entrer dans un magasin. Et on payait des gens pour faire ça, s’étrangleraient aujourd’hui les propriétaires de journaux!

Ce qui est sûr, c’est que, à la télévision, titiller la curiosité, chercher l’originalité, donner envie, ce n’est pas une priorité, et personne n’a été payé – enfin, je l’espère… – pour trouver les titres des émissions qui ont pris leur place dans les grilles de la rentrée. C’est vrai qu’ils frisent le génie… L’émission politique, Mardi cinéma, Quotidien, AcTualiTy, Vivement la télé, C’est ma question!, Hier, aujourd’hui, demain, et la palme du grotesque décrochée par Laurent Delahousse et son émission Dimanche 20 h 55… il y a visiblement, dans les couloirs des chaînes, des poètes qui s’ignorent et des producteurs qui ne risquent pas de se froisser un neurone… Tout cela sans oublier les émissions qui se déclinent en Le mag ou L’hebdo, ce qui permet de couper artificiellement un programme en deux afin de coller une tranche de pub au milieu.

Si le procédé du titre nul peut éviter certaines confusions (L’émission politique ne parle pas de cuisine malgré le nombre de casseroles des invités…), pour ce qui est de faire rêver le téléspectateur, de lui réserver des surprises, ce n’est pas gagné…