bottom logo
 DR

1/2

 DR

2/2



Edito
Par Edouard Lin - Mis en ligne le 12.07.2017 05:00

Les pionnières


Le décès d’Isabelle Nussbaum a touché toute la Suisse romande. Outre ses qualités professionnelles, son charme, sa bienveillance et son sourire lumineux, la journaliste avait marqué son époque en devenant, en 1988, la première stagiaire féminine engagée au département des sports de la TSR. Elle composa longtemps avec Pierre-Alain Dupuis, le père de ses deux filles, un couple familier du public.

Isabelle Nussbaum avait rejoint le quai Ernest-Ansermet. Anne-Marie Portolès, autre pionnière, engagée quelques mois plus tôt, est elle aussi décédée prématurément il y a quelques années. Ces deux femmes ont ouvert la voie à des dizaines d’autres qui ont eu envie de faire du journalisme sportif et qui, parce qu’elles avaient deux exemples positifs à l’écran, n’ont jamais pensé que cela n’était pas un métier de femmes.

Ce ne fut pas toujours facile. Plus par la faute des confrères que des téléspectateurs qui acceptèrent assez vite que des femmes puissent présenter l’émission du dimanche ou commenter l’athlétisme. Mais il fallait être bonne, parce qu’une erreur, une imprécision étaient facilement interprétées comme la preuve irréfutable de leur incompétence.

Elles sont aujourd’hui six au département des sports de la RTS: Pascale Blattner, Gaëlle Cajeux, Géraldine Genetti, Isabelle Musy, Maude Richon, Marie-Laure Viola. Sur une rédaction d’une trentaine de personnes, ce n’est pas encore la parité, mais la RTS est à citer en exemple. Lorsqu’elles parlent de sport, les femmes à la télévision romande ne sont pas des potiches comme en Italie. Elles ne sont pas reléguées au second rang comme en France. Elles sont au commentaire, pas en appoint et pas que pour les sports mineurs ou féminins. Alors bien sûr, on attend toujours celle qui commentera un jour le match de Ligue des champions du mercredi sur la RTS. Mais cela viendra.