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Edito
Par Edouard Lin - Mis en ligne le 09.08.2017 05:00

Le tourbillon de la vie


Ce n’est pas l’hécatombe de 2016, mais l’été 2017 est meurtrier pour les amoureux du cinéma. En quelques semaines, Martin Landau, Claude Rich, Sam Shepard et Jeanne Moreau s’en sont allés. Quatre personnalités marquantes du grand écran, et donc de la petite lucarne. Tous sont décédés à un âge avancé, lorsque la mort n’est plus un drame mais une fatalité qui invite ceux qui lui survivent au souvenir et à la mélancolie.

Les hommages des télévisions nous les remontrent alors dans leurs plus belles années, jeunes, beaux, charismatiques. Les rediffusions ont ce pouvoir de figer pour longtemps les acteurs et les actrices dans une époque. Claude Rich reste l’agaçant jeune premier amoureux de la fille de Louis de Funès, Martin Landau le commandant de Cosmos 1999, Sam Shepard le pilote intrépide et mythique de L’étoffe des héros.

Jeanne Moreau, elle, n’est pas associée à un rôle mais à une chanson dans un film. Le fameux Tourbillon de la vie, interprété dans Jules et Jim de François Truffaut. Elle y démontre toute l’étendue de son talent et de son charme: la légèreté, la gravité, la sensualité, le caractère. Elle l’avait interprétée pour la première fois sur scène au Festival de la rose d’or à Montreux en 1963, devant les caméras de la Télévision suisse romande.

En 1995, Vanessa Paradis reprit Le tourbillon de la vie lors de la cérémonie de clôture du Festival de Cannes, dont Jeanne Moreau était (pour la seconde fois) la présidente du jury. Un autre grand moment de télé. L’image de l’actrice, prix d’interprétation féminine 1960 pour Moderato Cantabile, est indissociable de celle de Cannes. Jeanne Moreau a tourné avec les plus grands cinéastes, prêté son nom à beaucoup de jeunes réalisateurs débutants et obtenu son seul césar pour un rôle comique.