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Edito
Par Edouard Lin - Mis en ligne le 14.04.2015 10:16

Le printemps à l’horizon


Cette année, le printemps a d’abord eu lieu sur les écrans de la RTS. Alors qu’il faisait gris et froid, tous les samedis soir pendant sept semaines, une tranche de soleil nous a été offerte: Station Horizon. Je ne vais pas vous raconter l’histoire. Si vous avez suivi la série, vous la connaissez déjà; si vous ne l’avez pas encore regardée, je ne veux pas vous gâcher le plaisir. Ce qui est certain, c’est que je ne me souviens pas d’avoir vu quelque chose d’aussi épatant dans une fiction made in Switzerland. Par le passé, les ambiances ont trop souvent été plombées par des intrigues inutilement compliquées ou des acteurs confondant profondeur avec lourdeur. 

Rien de tout ça dans ce western valaisan, plus proche de l’univers de la BD que de celui de la dépression existentielle. Il y avait des motards, du cambouis, de la bière, des strip-teaseuses et même un peu de baston. Et, au milieu de cette ambiance macho, de véritables moments de grâce, de poésie et d’humour. Des décors et des costumes soignés au détail près, des acteurs donnant le meilleur d’eux-mêmes (une mention spéciale pour Bernard Yerlès, Baptiste Gilliéron, Gaspard Boesch, Anna Pieri et Roland Vouilloz). Sans oublier une image sublime, avec une lumière comme venue d’ailleurs. Et pourtant c’était bien la Suisse, mais une Suisse dépoussiérée. Paradoxalement, alors que la série a usé de tous les stéréotypes du genre western contemporain, c’est une image non stéréotypée de nous, Romands, qu’elle a donnée. On en redemande. A quand la deuxième saison?