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FTV, DR


Edito
Par Edouard Lin - Mis en ligne le 17.02.2016 06:00

Le combat de trop?


Il y a quelque chose qui nous déplaît, désormais, chez Michel Drucker. Depuis quelque temps, l’animateur en fait des tonnes. Il ne parle bientôt plus que de lui, et les invités qui continuent de défiler dimanche après dimanche semblent n’être que des éléments du décor, au même titre que le mythique canapé rouge. «Tu te souviens quand je t’ai découvert?» est devenu l’une de ses phrases préférées. Bien sûr, Céline Dion et Patrick Bruel lui doivent leur première télé, mais n’auraient-ils pas réussi sans lui?

A 73 ans, Drucker peut légitimement être fier de son parcours. Mais l’entendre nous le rappeler chaque dimanche a quelque chose de fastidieux. Sa vie a été adaptée pour la télévision et c’était très intéressant, parce que ses débuts étaient aussi ceux d’une profession. Cela n’a pas étanché sa soif de reconnaissance. Hors caméra, il se lance désormais dans le one man show et part en tournée, ce qui s’apparente plus à un ego trip à la Arthur qu’à une révélation artistique. Il a publié, seul ou accompagné, une demi-douzaine de livres depuis 2007, pas tous indispensables.

Et maintenant il balance. Des anecdotes, de petites vacheries. Des secrets de vestiaire, comme on dit, qui ne grandissent personne. Son comportement lors de l’annonce de la maladie puis du décès de Michel Delpech manqua particulièrement du tact qui fut longtemps sa marque de fabrique. Où est passé le gendre idéal de la télévision française? Qu’est-il arrivé à celui qui, quarante ans durant, n’a pas dit un mot plus haut que l’autre? On ne voudrait pas qu’il finisse mal, mais son cabotinage nous rappelle celui de Sepp Blatter. Comme le président déchu de la FIFA, il ne semble pas prêt à passer la main. Alors que des rumeurs indiquaient que France Télévisions souhaitait redimensionner son émission, lui a fait courir le bruit d’un possible retour à TF1, vingt-six ans après. Sous pression, France Télévisions vient de reconduire son contrat pour deux ans. C’est peut-être finement joué, Michel, mais gare au combat de trop.