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Edito
Par Edouard Lin - Mis en ligne le 23.09.2015 05:00

La reine, c’est elle!


Il y a eu la reine Christine. Christine Ockrent, un peu collet monté, souvent l’air sévère. Elle a mené une carrière ambitieuse, a grimpé les échelons de la hiérarchie jusqu’à devenir directrice générale déléguée de l’Audiovisuel extérieur de la France. Décorée de la Légion d’honneur, compagne d’un médiatique ministre, Bernard Kouchner. Il y a eu la reine Anne. Anne Sinclair, née dans la bonne bourgeoisie, militante mitterrandienne en 1981, représentante de la gauche caviar. Elle aussi femme (aujourd’hui ex) de ministre, Dominique Strauss-Kahn, elle aussi décorée de la Légion d’honneur. Il y a eu la reine Claire. Claire Chazal, dont je vous parlais la semaine dernière, plus portée sur les people que sur les ministres mais quand même chevalier de la Légion d’honneur.

Et il y a Elise Lucet. Comme les trois autres, elle est journaliste de télévision et s’est vu remettre les insignes de chevalier de l’ordre national de la Légion d’honneur. Mais les mondanités semblent peu l’intéresser. Elle est journaliste dans l’âme, a construit sa carrière dans l’exigence. Depuis 2012, elle anime un magazine d’enquête, Cash investigation, sur France 2. Elle traite des dossiers souvent brûlants, révèle les travers du monde des affaires et de la politique. Elle ose les questions qui gênent, qui fâchent. «Nous allons chercher la vérité là où elle se trouve», déclare-t-elle. Elle y va, oui, sans se laisser impressionner. Sa dernière altercation avec Rachida Dati en est la preuve. L’ancienne ministre de Sarkozy, aujourd’hui députée européenne, ne s’en est pas remise. Qu’une journaliste ose lui demander des comptes sur ses rétributions l’a offusquée, elle qui est habituée à plus d’égards, comme les autres tenants du pouvoir.
C’est pour cette saine insolence qu’il faut aujourd’hui saluer bien bas Elise Lucet. Et affirmer: s’il y a une reine, c’est bien elle!