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Edito
Par Edouard Lin - Mis en ligne le 05.04.2017 05:00

La preuve par l’image


Depuis un an et jusqu’en mars 2018, la FIFA teste l’arbitrage vidéo pour les matchs de football. Si l’essai est concluant, la vidéo pourrait être utilisée lors de la Coupe du monde en Russie. Sepp Blatter était réservé, Michel Platini franchement contre; Gianni Infantino, lui, est résolument pour et ne veut plus perdre de temps.

Le récent match France - Espagne a démontré que l’arbitrage vidéo pouvait efficacement et rapidement corriger une erreur de l’arbitre central. Celui-ci a ainsi annulé un but de l’équipe de France pour un hors-jeu que le juge de ligne n’avait pas vu, puis accordé un but à l’Espagne qui avait d’abord été refusé à tort. Cela a l’air compliqué mais, en deux situations de trente secondes chacune, le score passa d’un 1-1 flatteur pour la France à un 2-0 mérité pour l’Espagne.
Les erreurs d’arbitrage sont vieilles comme le football. Elles ont même souvent fait la légende de la Coupe du monde: le tir sous la barre de l’Angleterre en finale de la World Cup 1966, l’agression de Schumacher sur Battiston lors de France - Allemagne en 1982, la main de Maradona contre l’Angleterre en 1986, l’expulsion de Totti contre la Corée du Sud en 2002...
C’était à une autre époque, avant l’apparition de l’image sur tous les supports. Du smartphone à l’écran géant, tout le monde voit désormais le ralenti sous différents angles dans les secondes qui suivent. Et il ne s’agit pas que des téléspectateurs: les nouveaux stades sont construits pour offrir de la 4G haut débit aux dizaines de milliers de spectateurs.

Il n’est pas sûr que la vidéo n’amène que des bonnes choses dans le football. Il est probable que les situations de France - Espagne aient été trop idéales, trop parfaites. Il est possible que la FIFA doive réfléchir encore au mode d’application: des challenges, comme au tennis? Mais il est évident que l’arbitre ne peut plus être le dernier à ne pas savoir. A ne pas voir.