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Edito
Par Edouard Lin - Mis en ligne le 16.09.2015 06:00

La fin d’une époque


En août 1991, Mikhaïl Gorbatchev n’est plus au pouvoir, mais l’URSS existe encore pour quelques mois. La Yougoslavie se déchire, Bush père a lancé l’opération Tempête du désert contre Saddam Hussein. Gainsbourg se barre et PPDA présente déjà le Journal de 20 heures de TF1, désormais accompagné d’une petite nouvelle: Claire Chazal. Vingt-quatre ans plus tard, il n’y a plus d’URSS, ni de Saddam Hussein, ni même de PPDA. C’est aujourd’hui au tour de Claire Chazal et de ses tenues Chanel d’être débarquée. On l’a dite froide, mais les téléspectateurs lui étaient attachés. On se souvient davantage de ses lapsus et bafouillages que d’éventuelles questions impertinentes à ses invités, mais elle demeurait une référence en France. Il n’est qu’à voir les difficultés rencontrées par Laurence Ferrari pour admettre qu’il ne suffit pas d’être blonde et lisse pour (bien) passer à la télé. Qu’on l’aime ou qu’elle indiffère, il faut reconnaître à Claire Chazal d’avoir créé un style. Ce ton plus détendu, ce journalisme dégagé, cette façon aussi de minauder sans que l’on sache très bien si elle essayait de captiver le téléspectateur ou si son regard de myope peinait à lire le prompteur sont aujourd’hui imités avec plus ou moins de talent par tous les apprentis présentateurs des journaux de la mi-journée. Surtout, Claire Chazal incarnait l’image de sa chaîne. Comme naguère les speakerines, elle avait créé un lien avec les téléspectateurs. Mais la seule récompense qui compte dans ce métier, c’est l’audience, et celle des journaux télévisés de TF1 faiblit.
Claire Chazal était d’une autre époque. Celle où la concurrence de l’information en continu n’existait pas encore. C’était au siècle dernier, quand la Une régnait en maître absolu sur le paysage audiovisuel français. Une époque révolue.