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Edito
Par Edouard Lin - Mis en ligne le 05.07.2017 06:00

La fin d’un mythe


Cela devait bien finir par arriver un jour. Teleclub a acquis les droits de diffusion en Suisse de la Ligue des champions et de l’Europa League de football pour trois saisons dès 2018-2019. La filiale de Swisscom dispose désormais d’une offre de 205 matchs d’Europa League et de 138 matchs de Ligue des champions par an. Un rude coup pour la SSR qui, pour la première fois, va perdre l’un des fleurons de son offre sportive, jusque-là unique en Europe. Massimo Lorenzi est venu sur le plateau de Darius Rochebin pour expliquer, la mine grave, que la télévision publique ne pouvait pas surenchérir.

Du côté de Teleclub, on affirme que cela ne signifiera pas la disparition complète des Coupes d’Europe des écrans publics. Ces droits étant «co-exclusifs», l’UEFA peut toujours vendre certains matchs à d’autres diffuseurs, ce qui pourrait intéresser la SSR. Mais bien sûr, cette nouvelle offre serait sans commune mesure avec l’actuelle.
Longtemps, la Suisse a été protégée de l’avidité des chaînes privées par la petitesse et le trilinguisme de son marché. Ce n’est plus vrai. Si les droits sportifs sont au cœur d’intenses batailles stratégiques, si les nouveaux opérateurs sont prêts à payer très cher pour des produits d’appel (le football pour Teleclub, le hockey pour UPC), c’est parce qu’ils peuvent désormais se rembourser avec la vente de «box», d’abonnements numériques ou de forfaits téléphoniques, et non plus seulement avec la publicité.

Les chaînes privées n’ont pas forcément le choix: elles doivent croître, se renforcer, sous peine d’être elles-mêmes concurrencées par de nouveaux opérateurs. La même semaine, on apprenait que Facebook avait obtenu les droits de la Ligue des champions pour le marché américain.