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Edito
Par Edouard Lin - Mis en ligne le 22.02.2017 07:00

L’esprit Canal


Le 17 mars, Le Grand Journal de Canal+ sera diffusé pour la dernière fois. Cela va chagriner les nostalgiques d’une époque où «l’esprit Canal» soufflait sur le paysage audiovisuel Français. Mais c’est quoi, ce fameux «esprit»? On pense à Alain Chabat et sa bande, bien sûr, aux Robins des Bois, à Antoine de Caunes et José Garcia, à Roger Gicquel, aux Guignols de l’info…

En oubliant que, à la base, la spécificité de Canal+ est d’être un service payant. L’inverse même du service public. Pour se faire des «clients», la chaîne utilisera trois mamelles principales: le sport, le cinéma et le porno. Le Grand Journal, lui, est diffusé en clair dès 2004, sous la houlette de Michel Denisot. Ça marche, les bobos adorent, leur vision du monde est confortée tous les soirs. Ils sont parfois plus de 2 millions, en France, à suivre leur grand-messe à eux, tandis que les beaufs se contentent des JT traditionnels. Mais à partir de 2012, cette audience s’érode et Michel Denisot quitte Le Grand Journal.

Aujourd’hui, l’émission regroupe entre 120 000 et 180 000 téléspectateurs, ce qui n’est pas suffisant pour les publicitaires, donc pas assez pour les propriétaires de Canal+. Des propriétaires intéressés par une seule chose: le profit financier. C’est ainsi le véritable esprit de Canal+ qui aura eu la peau de l’esprit supposé de la chaîne. Une leçon à ne pas oublier chaque fois que le service public est remis en question par les tenants de l’économie libérale.