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Edito
Par Pascal Busset - Mis en ligne le 06.07.2016 05:00

On l’appelait Bud


J'ai toujours été nul aux buts, mais j’ai un point commun avec Gianluigi Buffon, le gardien de la Squadra Azzurra. «Je n’oublierai jamais tous ces moments passés et ces images», a-t-il gazouillé. Comme lui, c’est une part de mon enfance, disons plutôt de mon adolescence, qui s’en est allée avec la mort de Bud Spencer. Bud qui? C’est vrai, l’acteur n’a pas fait la une des journaux, aucune chaîne n’a bouleversé ses programmes pour lui rendre hommage. Bud Spencer, c’était de l’humour tarte à la crème, des bourrepifs de légende (bruités par des types qui s’amusaient avec des casseroles) – jamais pu encaisser la droite décomplexée, sauf la sienne… – et des films qui rappellent le bon vieux temps du cinoche du samedi soir et des cassettes VHS! S’il n’a pas la filmographie du candidat à une rétrospective à la Cinémathèque, tant pis! Le cinéphile que je suis sait ce qu’il doit à ces séries B, ces westerns spaghettis, oui, pourquoi pas, si vous voulez, ces nanars comme On l’appelle Trinita, Salut l’ami, adieu le trésor ou Attention, on va s’fâcher. Des films où Carlo Pedersoli, de son vrai nom, faisait la paire avec Terence Hill, le Laurel de ce Hardy. Avant d’avoir un ventre à bière (son prénom d’acteur a été choisi en l’honneur de sa marque préférée!), Bud Spencer fut un sportif d’élite – premier Italien sous la minute au 100 m nage libre, demi-finaliste du 100 m aux Jeux olympiques de Helsinki en 1952 et de Melbourne en 1956! Depuis, il sut toujours rester un mec à la coule. A 86 ans, à l’heure de plonger dans l’inconnu, son dernier mot a été: «Merci.» Pas mieux!