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Edito
Par Edouard Lin - Mis en ligne le 29.10.2014 07:00

Hiiips!


«Vous ne pourrez plus dire que vous ne savez pas», assène Olivier Delacroix, yeux bleus fixant la caméra, dreadlocks bien coiffées, élégante veste noire et jeans bien propres. Voilà qui change de l’époque où il partait en reportage à la rencontre de tatoués ou encore d’amateurs de sadomasochisme. Il disait à l’époque être attiré par les passions extrêmes et les comportements
marginaux.
Aujourd’hui, présentateur d’AlcooTest (France 4), il fait plutôt dans le genre prédicateur de western, avec la complicité de l’addictologue Philippe Batel qui, avec sa tête de carême, ânonne à longueur d’émissions que la moindre goutte d’alcool ingérée modifie nos perceptions et nos comportements. Basée sur un modèle danois, l’émission prétend: «Pour la première fois, de jeunes adultes ont été soumis à des tests scientifiques, sous contrôle médical, pour démontrer les effets de l’alcool et tordre le cou aux idées reçues.» Que voit-on durant l’émission? Des adolescents consommer de l’alcool et se comporter comme… des jeunes consommant et abusant de l’alcool (comme des vieux aussi, c’est la même chose). On marche moins droit, on est plus bavard, parfois imprudent, souvent ridicule lorsque les doses augmentent, quelquefois malade ou, plus grave, atteint de coma éthylique. Que France 4 fasse de la prévention, soit. Mais AlcooTest ne fait qu’aligner les lieux communs et les expériences bidon, sans aucune réelle analyse scientifique. Ce n’est que de la poudre aux yeux et ça fait l’effet inverse: ça donne envie de boire un coup pour oublier tant d’inepties.