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Edito
Par Edouard Lin - Mis en ligne le 07.10.2015 06:00

Good bye Mister


Le mois d’octobre a débuté par une bien triste nouvelle: la mort de Jean-Jacques Tillmann. Même si l’ancien journaliste avait pris sa retraite en 2000 déjà, l’émotion fut instantanée et durable en Suisse romande. Mister Tillmann, c’était une voix, un style, un personnage que l’on n’oublie pas. En trente-sept ans de carrière, il commenta d’innombrables événements (dont 9 Coupes du monde de football) et sans doute tous les sports, mais c’est à la finale de la Coupe d’Angleterre, la Cup, qu’il est immédiatement associé dans la mémoire collective. Avec son consultant Max Marquis, un excentrique Anglais qui avait été pilote de la Royal Air Force et scénariste de quelques épisodes de Chapeau melon et bottes de cuir, Jean-Jacques Tillmann savait transmettre la ferveur du match et le poids de la tradition. Homme de lettres (latin-grec), il réservait ses mots à l’analyse et détestait les grandes envolées.

Depuis sa retraite à Vevey, où il recevait quelquefois la visite de téléspectateurs ou de journalistes, Jean-Jacques Tillmann a parfois eu des mots durs pour ses successeurs. Il n’est certes pas facile de venir après Tillmann, mais les choses ont tellement changé depuis… Aujourd’hui, la finale de la Cup n’est qu’un match parmi la dizaine qu’il est possible de voir chaque week-end. Aujourd’hui, tout le monde reçoit les résultats du calcio en direct sur son smartphone. Aujourd’hui, la TSR s’appelle RTS, elle n’a quasiment plus accès aux joueurs, alors que Tillmann pouvait interviewer Léo Eichmann, le gardien du grand Chaux-de-Fonds, en plein match ou passer dix jours à Londres avec l’équipe de Chelsea.

Ce que les commentateurs d’aujourd’hui peuvent toujours faire en revanche, c’est s’abstenir de parler pour ne rien dire, essayer de dénicher un consultant original et intéressant ailleurs qu’à l’ASF, aborder le match comme une pièce en train de s’écrire et non comme un rapport de force dont les statistiques seraient la clé. Jean-Jacques Tillmann n’a jamais craint d’être lui-même. En cela, il est toujours possible de l’en remercier et de s’en inspirer.