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Edito
Par Edouard Lin - Mis en ligne le 18.01.2017 06:00

Federer, une certaine idée du bonheur


Il faut profiter cette année encore d’observer Roger Federer. Son jeu, bien sûr, mais aussi son visage. La légende du tennis est heureuse de revenir sur les courts après six mois d’absence et son bonheur le transfigure. Cela se voit. Ses traits sont plus détendus, ses expressions moins contrôlées et parfois même enfantines. C’est le Federer drôle et sympathique que ses proches apprécient au jour le jour mais que le grand public découvre un peu alors que la carrière du Maître se rapproche doucement de la fin. Il le reconnaît lui-même, il s’autorise désormais à extérioriser ses sentiments, à jouir du moment présent.

Un tel plaisir à jouer encore, après 18 saisons, 17 titres du Grand Chelem et 4 enfants, est exceptionnel. C’est même l’un des secrets de la longévité de Roger Federer. Chez les sportifs de haut niveau, les capacités physiques décroissent évidemment avec l’âge mais c’est la perte du désir qui annonce souvent le départ à la retraite. Lui conserve le même enthousiasme à s’entraîner, à voyager, à faire et défaire ses valises accompagné de sa tribu.

Tant qu’il le pourra (il a principalement des problèmes de dos), Roger Federer continuera. Et tant qu’il continuera, nous prendrons plaisir à le suivre. Il sera bien assez temps de le regretter lorsqu’il ne sera plus là. Sa pause, entre le 8 juillet et le 31 décembre 2016, a donné un avant-goût de ce que sera le tennis sans lui, mais également sans Nadal, qui se fait de plus en plus rare lui aussi. Il y a d’autres très bons joueurs bien sûr, mais il n’y a pas de champions aussi charismatiques. L’ATP s’en rend compte et tente de promouvoir la nouvelle génération. On lui souhaite bien du plaisir. En attendant, le nôtre consiste à redécouvrir encore et toujours Roger Federer.