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Edito
Par Edouard Lin - Mis en ligne le 09.09.2015 06:00

Drôle d’intrusion


La miraculeuse victoire de l’équipe de Suisse de football sur la Slovénie (3-2) en est la dernière preuve: rien de tel que le sport pour vibrer devant sa télévision. Le scénario est parfois si fou qu’aucun scénariste de série télé n’oserait l’écrire, le jeu des acteurs pas toujours sans reproche, mais il y a tellement d’émotions que le spectacle est très souvent au rendez-vous. Et puis, au fil des années, la réalisation est devenue digne des meilleures productions américaines.

L’autre jour, une chaîne américaine a cru bon d’en rajouter lors de l’US Open de tennis. En plein match, l’ancienne championne Pam Shriver, reconvertie en intervieweuse au bord du court pour ESPN, est venue recueillir les impressions de Coco Vandeweghe au terme
de la première manche. Une première en tennis, qui a suscité beaucoup de commentaires, souvent peu favorables à cette intrusion sur la chaise des joueuses. Interrogé par Le Matin Dimanche, Massimo Lorenzi avoue avoir été gêné. «A titre personnel, je l’ai reçue comme l’intrusion des médias dans un espace sacré. Il s’agit là du syndrome de la téléréalité qui pénètre toujours plus l’espace privé», a commenté le chef des sports de la RTS.

L’interview de Pam Shriver n’est pas une première mondiale. Il y a fort longtemps, un journaliste de la TSR avait interviewé le gardien du Lausanne-Sport tandis qu’un corner était tiré à l’autre bout du terrain. Mais c’était à l’époque une initiative spontanée qui n’avait d’autre but qu’amuser. A New York, Coco Vandeweghe a bredouillé quelques banalités sur un ton mécanique et a avoué ensuite ne plus se souvenir de ce qu’elle avait dit. Etait-ce bien nécessaire? Le sport n’a pas besoin de ça pour nous passionner.